Le poubellarium : comment fournir à vos poissons un biotope naturel

Qu’est-ce que c’est ?

Poubellarium est la contraction des mots poubelle et aquarium. Il désigne l’installation à l’extérieur d’un grand récipient (poubelle, bidon, citerne etc.) non chauffé, non éclairé et non filtré. Celui-ci est destiné à accueillir, un mois plus tard, de la végétation, des crevettes, des escargots et certains poissons tropicaux.

Cette mouvance serait née dans les Yvelines au début des années 2000 et aurait reçu un accueil peu chaleureux de la part des communautés aquariophiles (laisser des poissons sans filtration ni chauffage peut clairement faire peur).

Quels sont les objectif du poubellarium ?

Le but est de recréer un écosystème le plus naturel possible.
Les avantages seraient nombreux d’après les personnes qui s’y seraient essayées.

– Les poissons sont plus colorés et plus vifs après la période passée dans le poubellarium.
– Ce système pourrait faciliter la reproduction de certaines espèces.
Favoriser la croissance des alevins (ne pas les introduire sous une taille de 1cm) qui se nourrissent seuls.
– Offrir aux poissons un environnement calme et proche de la nature dans tous ses états (pluie, nuit, vent etc.) où ils réapprendront à « chasser » en se nourrissant par exemple de larves de moustiques qui auront pondu dans le réservoir.

Quel matériel ?

– N’importe quel récipient assez volumineux (80 l minimum pour des poissons, 50 l pour des crevettes) fera l’affaire. Plus la surface est grande et proche du sol et plus la réussite est assurée. En effet, les bassins très proche du sol ou enterrés sont un endroit que les insectes privilégient pour pondre, la nourriture y est donc plus abondante !
De l’eau du robinet ou un mélange d’eau du robinet et d’eau osmosée.
– Des plantes qui s’adaptent aux conditions extérieures[/b] (les plantes flottantes sont généralement bien adaptées).
– Prévoir également une pante produisant beaucoup d’oxygène comme le Cératophylum.
– Ajouter des roches (non calcaires) voire des racines en guise de cachettes.

Quelle faune ?

– Poissons : Bettas, Colisas, Killies, Barbus, Danios, Corydoras, Tanichtys , Poecilias, Rasboras, Xyphos, Mollys, Aucistrus, Silures de verre … (pas recommandés :Hypostomus plecostomus, Scalaire, Apteronotus albifrons, Guppy, Néon rose, Epinoches, Hemigrammus rhodostomus, Thayeria obliqua, Nannostomus mortenthaleri, Platy (liste non-exhaustive).
– Crustacés :Neocaridina davidi, Aselles, Daphnies, Cyclop, Ostracodes…
– Mollusques : Physes, Planorbes, Limnées…

Quelles conditions ?

1. Le récipient doit idéalement être exposé aux rayons du soleil de l’est et du sud mais protégé du soleil de l’ouest. Placez le dans un endroit plutôt ombragé.
2. L’idéal est de disposer le récipient vers mars/avril pour qu’il se remplisse d’eau de pluie (comme mentionné plus haut, l’eau du robinet fera aussi l’affaire).
3. Ne pas changer l’eau mais ajouter de l’eau du robinet si le niveau baisse.
4. Tester les nitrites avant l’introduction des poissons (la règle d’or ne change pas !).
5. Au fond de l’eau va se former le « Crapapouët », un tapis de résidus de matières organiques qui se formera progressivement. Attention, un Crapapouët non oxygéné va pourrir et produire du sulfuretum (reconnaissable par son odeur d’oeuf pourri), qui est mortel pour les poissons. La présence d’insectes en quantité permet de le brassage et l’oxygénation de l’eau.
6. Il n’y a pas besoin de filtration puisque le récipient est grand pour une population réduite.
7. L’introduction des poissons nécessite une acclimatation progressive.
8. Veiller aux baisses de température, la plupart des poissons ne survivent pas sous les 12-15 degrés (attention aux chutes de températures nocturnes) même si certaines espèces, comme les tanis, survivent apparemment sous la glace.
9. Prévoyez un grillage pour qu’aucun prédateur ne puisse s’en prendre aux habitants de votre cuve.
10. Par précaution, nourrissez vos poissons une fois par semaine. S’ils disposent de nourriture vivante, c’est largement suffisant !

Conclusion

Alors que nous faisons vivre nos poissons dans des paramètres mesurés avec une précision quasiment chirurgicale, des approches complètement différentes sont envisagées par certains.
Les poubellariums sont principalement présents dans les régions ensoleillées mais on en trouve aussi dans le nord de la France ou en Belgique, lorsque les saisons estivales le permettent.

Et vous, que pensez-vous de cette forme de maintenance? L’avez-vous déjà testée? Partagez avec nous vos avis dans les commentaires ci-dessous ou sur le forum !

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